L’or blanc, cette ressource naturelle a fait la fortune de Salins-les-Bains et d’ Arc-et-Senans et sont liés par leur chronologie. Exploitée depuis 1200 ans à Salins-les-Bains par un phénomène d’évaporation en puisant dans son sous-sol, cette saline donne une idée de la difficulté du métier de saunier. Cette richesse permettait d’apporter quelques avantages sociaux à ses ouvriers (rente, prime de naissance, soins).
Une immense galerie souterraine nous plonge au cœur de ce mécanisme d’extraction.
La récolte du sel s’opérait par le réchauffement de la saumure sur d’immenses poêles, un véritable travail de chiourmes.
L’enclavement de Salins-les-Bains ne permettait pas une extension de l’exploitation. Sur la volonté de Louis XV, une nouvelle manufacture allait sortir de terre à Arc-et-Senans grâce au projet visionnaire d’un architecte, Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). La région de la forêt de Chaux fut retenue, car le processus de chauffe consommait une importante quantité d’arbres. Un réseau de canalisations en bois reliait les deux sites.
Avec un style très géométrique et en avance sur son temps, ce maître d’ouvrage a su donner une fonction sans pareil à ses réalisations. Personnellement, j’aurais pu rester des heures à décortiquer sa vision des choses. Tout semble équilibré, des lignes pures, ordonné, avec une formidable performance dans chaque projet. On ne peut qu’être fasciné devant un tel talent de bâtisseur.
Sur les anciens potagers ouvriers autour de la Saline royale, plusieurs centaines d’étudiants planchent chaque année sur la thématique du prochain Festival des jardins.
Reconvertie en station thermale, Salins est devenue Salins-les-Bains. 
La note n’étant pas salée, j’invite donc le lecteur à mettre son grain de sel dans ces lieux insolites aux patrimoines exceptionnels. 